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“En Equilibre” — la critique ciné

« En équilibre » est le nouveau film de Denis Dercourt avec Albert Dupontel, Cécile de France et un cheval. Je suis allé le voir et vous dit si ça vaut le coup d’acheter les pop-corn.

Je ne t’ai jamais caché que j’ai rarement été satisfaite par les films qui intègrent de près ou de loin des équidés dans leur scénario. J’ai été dubitative devant Danse avec lui, puis dépitée face à Cheval de guerre, pire blague de Spielberg depuis environ la nuit des temps. Inutile de dire que Pom le poulain a fini par m’achever. Seul Spirit, l’étalon des plaines, garde une place douillette au plus profond de mon coeur.

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C’est donc avec prudence, et j’avoue, un certain a priori de cavalière, que je me suis assise dans les sièges rouges et rembourrés de mon cinéma…

En équilibre c’est l’histoire qui mouille la rétine de Marc, un cascadeur de film devenu paraplégique suite à un accident de tournage. Florence, employée de sa compagnie d’assurance, est chargée de s’occuper de son dossier (mais aussi de l’entuber, afin que sa boîte minimise les indemnités). Forcément, ils vont se rapprocher jusqu’à découvrir qu’ils sont tous deux à la poursuite de rêves brisés : Marc désire remonter à cheval tandis que Florence aurait voulu être pianiste.

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Apprentissage de la subtilité

A priori, le film aurait pu partir dans deux directions : le spectacle larmoyant, sur fond de belles images d’un passé disparu sur les côtes bretonnes… ou l’humour (mais sans Omar Sy). Dercourt a pris le parti de ne suivre aucune des deux. En équilibre est un film où les émotions et les sentiments ne sont pas poussés à l’extrême, dans un pathos qui met mal à l’aise. Ils sont retenus, parfois plus, parfois moins…

En fait, ils sont vrais.

Il m’arrive de reprocher aux films français leur côté « surjoué », de regretter les intonations des acteurs qui transforment une disparition de papier toilette en conversation philosophique au beau milieu de la salle de bain. J’ai du mal à me sentir concernée, je me marre et c’est foutu. Ici, les prestations de Dupontel et, surtout, Cécile de France sont de plus en plus juste, au fil des minutes !

Il faut savoir que jouer dans le film n’a pas été si simple car Dupontel a réalisé toutes ses cascades (essaye de tenir au galop sans les mains, je te regarde) (et je rigole un peu aussi). Cécile de France, elle, a dû se mettre au piano (et pas trente minutes par jour, si tu vois ce que je veux dire).

ceciledefrance

Et aussi apprendre à dompter ses frisottis, dans un chignon-banane impec’. Mais ça, c’est une autre histoire. 

Le problème, c’est qu’à force d’être dans la retenue et la pudeur, Dercourt a du mal à faire naître l’empathie pour ses personnages… et c’est dommage, quand on joue dans la catégorie « comédie dramatique » !

Une histoire d’amour… parce qu’il en fallait une ?

Comment une jeune femme, mariée, un peu trop propre sur elle et serrée dans son pantalon taille haute, tombe-t-elle en quelques semaines dans les bras d’un homme en fauteuil et aux mains pleines de crottin ? Pourquoi prendre à coeur son dossier, si soudainement ? Pourquoi choisir de lui dévoiler ses regrets ?

Ces questions, sans réelles réponses, sont les seules failles de ce récit sur l’apprentissage de la volonté. Si Florence est sensible au charme « papier de verre » de son client, pour quelles raisons ? C’est une énigme. Pire : on pourrait penser que la pitié entre en jeu, ce qui n’est, il faut le dire, pas franchement coolos ! Quant à la tournure que la situation prend… dommage : elle m’a laissée sur ma faim.

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Pour lire la suite de ma critique 
(et notamment la partie “Le cheval... au second plan ?”), 
rendez-vous sur madmoiZelle.com !