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[Témoignage] Florine et Doreen, pour ne jamais perdre espoir

Florine a croisé le regard d’une jolie jument baie. Depuis, elle a décidé de se battre avec elle. Car former un couple, c’est s’aider jusqu’au bout.

Un beau jour d’été, il y a un peu plus de trois ans maintenant, j’ai flashé sur un bel équidé bai qui broutait dans son parc. Je montais depuis mon plus jeune âge, mais, suite à un déménagement j’ai été contrainte d’arrêter l’équitation. Cet animal est alors devenu mon espoir de remonter un jour.

Je me suis mise en tête de trouver son propriétaire. Après l’avoir rencontré lors d’une brocante, il m’a proposé de l’essayer un jour. Quelque semaine plus tard j’ai pris mon courage et mon téléphone puis je lui ai demandé s’il était possible de venir monter le cheval. Vingt minutes plus tard, en tenue de lumière d’équitation, je me suis rendue au parc où était la bête. J’ai fais connaissance de Doreen, jument de selle allemande de 16/17 ans (à l’époque).

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Après un bon pansage, j’ai eu le plaisir de mettre le pied à l’étrier et de nouveau évoluer aux trois allures. Son propriétaire m’a donné l’autorisation de m’en occuper comme si c’était la mienne. Nous avons évolué toutes les deux pendant un ans. Nous avons tout testé ensemble (balade, dressage, saut, travail en longe et au sol).

C’était un véritable bonheur. Cependant le bonheur fut écourté lorsque la belle se mit à boiter.

Après un examen vétérinaire, une tendinite fut détectée. Malheureusement celle-ci dura bien plus longtemps que prévu donc un nouvel examen fut réalisé. Cette fois-ci c’était l’épaule. Sans en savoir plus, son propriétaire décida de la vendre pour acheter un nouveau cheval. J’ai accepté ce choix, et, pendant un peu plus d’un mois, j’ai tenté de trouver un bonne famille. En vain.

Enfin, j’ai trouvé le remplaçant de Doreen. Deux semaine plus tard, Jumbo de la Fosse était parmi nous. Ne trouvant toujours pas de future propriétaire pour Dodo (son surnom) (parmi tant d’autre) Monsieur G. est venu me voir alors que je m’occupais d’elle avec des papiers à la main. Il me les a tendu en m’annonçant: “Doreen est à toi, prends-en soin !. Voilà ce que je m’efforce de faire depuis ce jour.

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Après cette annonce les galères ont commencé. À seulement 17 ans je devenais responsable de la santé de ma jument. J’ai donc trouvé un travail en plus de mes études, passé mon permis et trouvé un parc pour Dodo en seulement 3 mois.

Seulement, pendant ce temps la boiterie s’aggravait. Sans savoir rien de plus, son état se dégradait. Vétérinaires et maréchaux ne savaient plus quoi faire. J’avais beau supposer que cela venait du pied, tout le monde me disait que c’était l’épaule.

Je me suis alors mise en tête de la refaire marcher correctement.

Dans cette descente aux enfers, elle ne marchait presque plus. Chaque pas lui demandait un effort considérable. Le maréchal ne pouvait plus parer ses pieds. Elle ne pouvait plus mettre son poids sur son antérieur gauche. Elle se pointait. Moins elle bougeait, pire c’était.

Pendant neuf mois je me suis trouvée désemparée car chaque tentative pour améliorer son état échouait. J’ai alors décidé de la changer d’endroit. Elle changea de pension, passa du pré au box, de la Meuse à la Marne, de rien à une carrière à disposition. Elle vu a nouveau un vétérinaire qui me dit qu’elle était définitivement foutue, que je ne pouvais plus rien faire (à nouveau sans me dire pourquoi).

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Doreen, dans un de nos pires moments. 

Malgré tout, nous avons continué de nous battre. Tous les jours je l’emmenais marcher, je la lâchais en liberté pour qu’elle puisse s’exprimer et, de semaine en semaine, les distances de marche s’amélioraient. Elle trottait et galopait à nouveau mais la gène était encore là. Les pentes et virages étaient toujours laborieux. En plus de ça, l’écurie où elle était me paraissait douteuse. Les chevaux allaient et venaient. Les boxs n’étaient pas faits régulièrement.

Les beaux jours arrivaient et le retour dans les parc également. Par chance, son pré était juste en dessous de la maison de mes parents. De cette manière, nous avions toujours un oeil sur elle. Malgré ses deux parcs, en juillet le manque de nourriture se faisait sentir. L’eau n’était pas toujours présente lorsque je venais chercher ma jument. Après une mise au point avec la propriétaire de l’écurie, peu souciante de l’état des chevaux, je choisis à nouveau de changer ma jument d’écurie.

Le confort, un belle écurie avec carrière et manège, de beaux paddocks, des congénères agréables. Les progrès continuaient de plus belle. L’écurie étant dans le village de mes parents je pouvais aller la voir tous les jours. De plus, avec mon BAC en poche, je changeais de travail et pouvais offrir de plus en plus de confort à ma jument. Elle vit donc un ostéopathe qui fut le premier depuis longtemps à m’écouter et a être d’accord sur le fait que le problème venait du pied : suspicion de maladie naviculaire. Grâce à ce nouveau diagnostique je fis appel au vétérinaire qui la suivait. Il accepta de faire un examen de ses pieds.

Le diagnostique de l’ostéopathe était bel et bien juste : Doreen est naviculaire articulaire.

L’antérieur gauche est le plus atteint (en stade trois). Elle souffre donc de boiteries chroniques et irréversibles. De la même manière que l’arthrose cette maladie est dégénérative. Le cheval ne peut en guérir et peu de techniques existent pour le soulager. J’ai fait le choix d’impacter le moins possible son organisme et je ne donne donc aucun médicament. Une opération existe. Elle consiste à couper le nerf qui donne l’information de douleur au cerveau; cependant cette opération n’ai pas fiable à 100%. En plus, d’autres douleurs venant du pied (abcès, …) ne peuvent être décelés. J’ai donc catégoriquement refusé.

J’ai choisi l’option de la ferrure orthopédique. Après avoir recherché un maréchal apte à faire ce genre de ferrure et en qui j’aurais entièrement confiance, je lui ai exposé le problème. Il a a évalué les pieds de ma jument et m’a expliqué en quoi consistait la ferrure qu’on allait lui poser : fers egg-bar ou fers en forme d’œuf, plaque en cuir et silicone. Cette ferrure permet d’amortir les chocs à chaque fois que le pied se pose sur le sol.

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Après avoir posé pour la première fois ce dispositif l’amélioration à été radicale. Nous avons donc continué le travail de rééducation de plus belle : beaucoup de marche, pas de travail sur les cercle. Depuis cette première ferrure, un an et demi s’est écoulé et son état actuel n’a plus rien à voir avec celui d’il y a trois ans ! Elle sort en ballade, évolue aux trois allures et peut être longé sans problème. Bien évidemment, elle ne travaille plus comme un cheval de dix ans, mais, parfois, elle donne l’impression d’être bien plus jeune (surtout lorsqu’elle embarque ses cavaliers en pleine balade). En 4 ans notre relation n’a jamais été aussi forte !

Doreen a vu le dentiste et l’ostéopathe; tout est OK (malgré qu’elle était bloquée de la tête à la queue) (normal, avoir 23 ans et se prendre pour une 4 ans c’est pas vraiment compatible) (!) Les spécialistes ont dit qu’elle avait une belle musculature et « tenue » pour son âge et ses problèmes. Cerise sur le gâteau : elle a pas beaucoup d’arthrose !! Je suis heureuse avec peu de chose, car tout deviens une grande victoire à ce stade.

Seuls les jours de froid et d’humidité nous rappellent que cette maladie ne disparaîtra jamais complètement. Pourtant, nous sommes en bonne voie pour ne pas la laisser gagner.

J’aimerai transmettre ce témoignage afin que les propriétaires de chevaux malades ne baissent jamais les bras ! Même si voir son cheval boiter et (parfois) souffrir n’est pas facile, il faut l’aider à se battre l’emmener marcher, brouter et surtout l’aider à vivre sa vie de cheval… qui nous remplit tellement de bonheur !

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