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Bien préparer son cheval à la (re)mise au vert

L’heure a sonné : on retourne au pré après de longs mois d’hiver au box ! On vous aide dans cet article à bien préparer cette remise au vert pour que tout se passe bien.

Mars… le printemps…les petits oiseaux qui gazouillent… les bourdons qui butinent…bref une saison appréciée de tout le monde mais en particulier de nos amis à sabots.

Quels sont les risques d’une remise au vert trop brutale ?

Une remise au pré d’un cheval trop brutale peut engendrer coliques, diarrhées et même fourbures ! Il est très important d’y aller progressivement. En effet, le système digestif et la flore intestinale habitués pendant tout l’hiver à des aliments secs se retrouvent tout à coup submergés de végétaux. Une remise à l’herbe doit TOUJOURS être progressive.

Préparer son pré pour accueillir son cheval

Juste avant la remise au pré de votre monture, il est important de vérifier plusieurs points. Le premier point important, tout simple, est d’aplanir votre pré et de combler les éventuels trous ou crevasses s’étant formés cet hiver. Vous pouvez les combler avec du sable ou des tuiles bien concassées surtout au niveau des abreuvoirs. Vous éliminez ainsi risques d’entorse lorsque vous lâcherez vos chevaux au pré !

L’hiver certains n’hésitent pas à mettre de l’engrais ou de la chaux pour assainir et fertiliser le terrain. Moi je préfère le naturel et le recyclage ! C’est à dire que j’utilise le fumier de mes box que j’étale dans les champs afin de fertiliser les prés. Au printemps, vous aurez des prés tout verts naturellement ! Il est important de le faire l’hiver car les gelées « désinfectent et éliminent » les petites bestioles (vers et autres parasites) du fumier. À éviter l’été (aucun intérêt) et surtout vous auriez une prolifération de mouches et autres asticots dans vos prés ! Beurk !

Repérer et éliminer les herbes toxiques et nocives pour nos chevaux comme le buis, le chêne, la ciguë, la digitale, la fougère, les ergots de seigle, la porcelle (qu’on appelle aussi « mimi ») (vous savez les petits pompons sur lesquels on souffle !), thuya… etc je ne vous cite que les plus connues mais il en existe bien d’autres donc attention !

Il faut également checker la clôture afin d’être sûre que tout fonctionne correctement et que rien n’a été abîmé pendant l’hiver. Vérifiez l’état des rubans, piquets et voltage de la clôture. Débroussaillez toute végétation qui touche ou serait susceptible de toucher la clôture.

Les étapes pour remettre son cheval progressivement à l’herbe

Il est très important d’habituer progressivement votre cheval à la remise à l’herbe. Commencez la première semaine par le mettre 15 min par jour environ à le faire brouter la bonne herbe du printemps. Vous pouvez le faire en main pour plus de contrôle. Puis vous augmenterez petit à petit, par tranche de 15 min tous les 2 jours. À partir de la deuxième semaine, vous pouvez le laisser brouter 2h par jour environ. Augmentez une heure par jour jusqu’à le laisser la journée complète.

Omnomnom. 

Il est très important de bien observer votre cheval : s’il présente des signes de diarrhée persistante, appelez votre vétérinaire. Il est normal que votre cheval fasse des crottins un peu plus mous qu’habituellement mais une diarrhée n’est jamais bon signe ! Au moindre doute, un appel au vétérinaire vous rassurera et interviendra si besoin. La fourbure est également à surveiller de près : des sabots chauds, jambes enflées… appelez le vétérinaire d’urgence !

Pour les chevaux sensibles à la fourbure justement, nous vous conseillons très fortement d’établir un programme adapté avec votre vétérinaire afin d’éviter tous risques inutiles.

Et pour les chevaux qui sortent même l’hiver : éviter le surpâturage !

Pour ma part, mes chevaux sortent toute l’année par choix pour leur bien-être, je n’ai donc pas vraiment de préparation à faire pour la remise au vert. Cependant, cela demande un peu d’organisation car il faut effectuer une rotation de pâture afin de ne pas saturer complètement les prés !

En effet, j’ai un paddock d’hiver plus petit, qui est en hauteur et légèrement en pente afin d’assurer l’évacuation des eaux de pluie… (je vous rassure j’ai plein de gadoue quand même malheureusement !). J’ai, d’autre part, mes prés d’été qui sont beaucoup plus grands et herbeux. La première année où j’ai eu mes chevaux chez moi, je vous avoue que je me suis faite avoir !! J’ai laissé mes dadas dans mes grands prés (pour leur faire plaisir !!), à la fin de l’hiver je ne pouvais plus avancer dans les prés sans y laisser mes bottes scotchées dans la gadoue ! Une catastrophe ! Il faut donc absolument choisir un pré à « sacrifier » pour l’hiver et garder les autres au repos afin que les chevaux puissent profiter de l’herbe au printemps.

J’espère vous avoir aidé à remettre vos chevaux au vert, c’est bon pour leur moral et l’herbe de printemps est plein de bonnes vitamines !