[Rencontre] Aline Cridelich, une des fondatrices de l’association « 100 Pur-sang »

La reconversion des chevaux réformés de courses est toujours une question de passion et d’amour. Rencontre avec l’association « 100 Pur-sang » :

Au printemps, j’allais tester un weekend royal à Chantilly avec À Cheval chez les Princes, et je rencontrais Aline CRIDELICH, l’une des fondatrices de l’association 100 PUR-SANG.

Eric Petit-Imbert, cavalier émérite de la Garde Républicaine et propriétaire des écuries de l’Epi nous avait embarqué dans une balade à cheval sur les pistes de courses, et nous avions eu l’occasion avec Aline de discuter de l’association qu’elle a monté avec 3 autres cavalières.

Coup de cœur pour ces filles aux grands cœurs qui passent un temps infini à valoriser le pur-sang et œuvrent sans relâche à la reconversion des chevaux de courses. Rencontre.

  • Aline, parle-moi de ton association.

L’association 100 Pur-sang  œuvre pour la promotion de la reconversion des chevaux réformés des courses en chevaux de sport et de loisir. Notre objectif : valoriser la race pur-sang à travers la reconversion de ces chevaux dans des disciplines équestres variées : le saut d’obstacle, le dressage, la balade, le concours complet … et offrir une seconde vie aux chevaux reformés des courses.

  • Quelle est l’histoire de votre association ?

Avec Alix LAGERSIE, Appoline PALOMINOS et Julie GRANGER, nous avons monté 100 Pur-Sang en septembre 2016. Elles sont elles aussi cavalières aux écuries de l’Epi; Eric Petit-Imbert nous a toutes les quatre transmis  sa passion pour les pur-sang.

En s’y intéressant d’un peu plus près, nous avons découvert le processus de réforme des chevaux de courses qui peut arriver très tôt, vers 3 à 4 ans, et cela nous a paru évident qu’il fallait faire quelque chose afin que le maximum de jeunes pur-sang puissent avoir une seconde carrière.

Ce sont des chevaux avec une histoire toujours singulière et nous en sommes toutes les quatre tombées amoureuses.

Nous ne sommes pas des professionnels du milieu, nous avons toutes un travail assez éloigné de ce monde : Julie est chargée d’affaires, Alix est étudiante en communication, Appoline est Directrice d’un centre d’accueil médicalisé et moi je suis ingénieur, mais nous sommes toutes les trois de vraies passionnées et sommes très sensibles à cette cause.

  • Quels sont vos soutiens dans cette aventure ?

Monsieur Petit-Imbert et les Ecuries de l’EPI sont nos premiers soutiens. Eric nous aide, nous accompagne dans notre projet et nous soutient dans nos démarches quotidiennement.

Nous entretenons également de bonnes relations avec Au-delà des Pistes, association qui a pour objectif de sensibiliser et de promouvoir la reconversion des chevaux auprès du grand public et du monde des courses. Nous échangeons très régulièrement avec eux, pour avancer dans le même sens.

De nombreux bénévoles nous soutiennent également dans notre démarche, ils nous aident à organiser des évènements, et puis ils sont au centre de la reconversion des chevaux de l’association avant de leur trouver un adoptant. À terme, ils s’occuperont des nouvelles recrues, les monteront sous la responsabilité d’Eric.

C’est un peu le « gros » avantage que l’on propose : les chevaux sont reconvertis par des bénévoles et donc le prix de la pension est réduit. Quand ce travail est réalisé par un professionnel, ce n’est pas du tout le même prix de pension. Nous voulons insister sur ce point auprès des futurs propriétaires des chevaux 100 Pur-Sang : certes ils paieront une pension pour les soins quotidiens, mais en revanche le travail de reconversion est « offert » par des bénévoles.

  • Comment est accueillie votre association dans le monde des courses ?

Notre association n’est pas encore très connue pour le moment, mais nous avons discuté avec des entraîneurs, des propriétaires,  France Galop et on reçoit un très bon accueil.

La filière hippique se sent concernée par la seconde carrière de ses pur-sang.

De nouveaux moyens doivent être mis en place pour démocratiser la reconversion.

  • Comment se déroule un sauvetage ?

Ces pur-sang n’ont pour la plupart rien connu d’autre que les courses hippiques, voir seulement l’entrainement pour certains. Lors de ces années dans les courses, l’entrainement, l’alimentation et le contact avec l’homme sont orientés vers la performance; les professionnels cherchant à pousser les chevaux vers l’excellence hippique.

La réforme des chevaux peut résulter de plusieurs causes : cheval non adapté au monde des courses, blessures ou tout simplement retraite pour les chevaux un peu plus âgés.

Une fois le cheval réformé, un long travail de réapprentissage commence afin qu’il débute sa seconde vie.

Tout le travail de reconversion consiste alors à adapter le cheval à un nouvel environnement, moins stressant, et lui apprendre les bases de l’équitation traditionnelle.

La reconversion dure en moyenne entre 1 et 2 ans.

Le temps pour le cheval de développer une autre musculature, lui apprendre le respect, et pour les meilleurs faire leurs premiers pas en compétition. Il convient ensuite de lui trouver un nouvel adoptant, qui pourra profiter pleinement de ce nouveau cheval, bien dans ses sabots et dans sa tête !

  • Votre association est toute nouvelle, avez-vous pu déjà réaliser des sauvetages ?

Notre association étant jeune, nous avons pour le moment sauvé un cheval, Penardini. Il a été arrêté pour cause de tendinite, sa cavalière d’entrainement l’a récupéré, mais ne pouvant plus subvenir à sa pension, elle a fait appel à 100 Pur-sang. La reconversion est un processus qui demande du temps et qui engendre beaucoup de frais, pour permettre à ces chevaux de s’épanouir dans leur nouvelle carrière.

En moyenne un cheval coûte 8 000 euros par an (frais d’hébergement, de nourriture, de ferrure…). C’est un vrai budget ! Le financement, c’est un point crucial et sensible. Nous ne disposons pas pour le moment de fonds propres dans l’association. Pour financer la nouvelle vie du cheval, les Ecuries de l’EPI nous aident et nous comptons sur les dons et futurs partenariats à développer.

  • Quelles difficultés rencontrez vous dans votre activité ?

Le manque de temps et de moyens ! Nous travaillons à côté, nous manquons de temps, on aimerait pouvoir s’occuper de l’association à plein temps. Et puis le manque de budget. Sans financement, nous ne pouvons pas accueillir de nouveaux chevaux.

  • Quels sont vos objectifs à court/moyen/long terme ?

On aimerait que les propriétaires des chevaux de courses financent la reconversion de leurs chevaux (…)

(…) le temps que nous leur trouvions de sérieux adoptants qui pourront leur offrir leurs secondes carrières.

  • Quelle est votre actualité ?

En partenariat avec les Ecuries de l’EPI, nous allons organiser une démonstration dans un foyer d’accueil médicalisé. Et d’ici la fin d’année nous espérons bien organiser un rassemblement autour du pur-sang mêlant cavaliers, entraîneurs, propriétaires. On vous tiendra au courant !

  • De quoi avez vous besoin ? Comment faire pour vous soutenir ?

Clairement nous avons besoin de visibilité, plus l’association sera populaire et plus elle aura du poids dans les discussions avec les propriétaires, les entraineurs, etc… Et puis nous avons besoin de fonds pour mener notre action sur le plus long terme. Pour nous soutenir et faire un don, ça se passe ici.

Après, si des personnes veulent nous faire part de leur expérience ou bien s’ils connaissent des propriétaires de pur-sang qui seraient intéressés, qu’ils n’hésitent pas à nous contacter. Nous sommes vraiment ouvertes à toute proposition !

Bravo les filles, une belle initiative pour l’avenir de ces chevaux mis au travail intense très tôt. Pour les suivre et les soutenir, sur Facebook ou sur leur joli site.

À lire aussi :

Written By

Moi c'est Chloé, et mon kiff, c'est de parcourir la France et le monde à cheval ! Toujours à la recherche de nouveaux spots, je partage ici mes bons plans week-ends et voyages à dada ! Peut- être que ça te donnera à toi aussi envie de découvrir de nouveaux endroits pour le week-end, les vacances et de nouvelles disciplines !

1 Comment

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *