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Tir à l’Arc à cheval : droit et en plein coeur !

On a tous déjà rêvé d’être aussi stylé que Legolas, l’elfe du Seigneur des Anneaux lors ses combats acharnés avec son arc et son cheval … Mais attention ! Partir en mode « je lâche les rênes au triple galop et je tire en plein dans le mille » n’est pas aussi facile que ça en a l’air !

L’archerie montée est la fusion de deux disciplines sportives traditionnelles : l’équitation et le tir à l’arc (Ce n’est pas une blague ! Wow, sans rire, vous aviez imaginé ? Bon.). Cette discipline provient de coutume asiatique comme moyens de défense ou d’attaque.

Petit cours d’histoire (mais mieux qu’au collège)

Le tir à l’arc à cheval a vu sa première flèche il y a 4000 ans dans la steppe (immenses étendues d’herbes) située au Nord de la Mer Caspienne avec les techniques de fabrication spécifiques aux arcs Asiatiques tel que l’arc composite.

De la Sibérie orientale aux plaines d’Europe occidentale, de la protohistoire (entre la préhistoire et l’histoire) aux temps modernes, l’arc composite — né quelque part entre l’Oural et l’Altaï — a permis aux peuples nomades des steppes d’imposer leur domination sur les terres conquises au rythme du galop de leurs petits chevaux. L’Arc des Steppes, Lucien-Jean Bord (chez Gerfaut Eds Du)

Ces techniques de chasse et de guerre vont rapidement prendre de l’ampleur dans les différents peuples d’Asie centrale. Pendant ce temps-là, la tribu des Parthes bloque la progression Romaine vers l’Est grâce à la mobilité de l’archerie montée lors des combats. Puis vient par la suite l’invention de l’étrier qui augmente nettement la précision du tir tout en améliorant l’équilibre du cavalier, une innovation qui augmente davantage leurs performances aux combats.

Si on remonte un peu dans le temps, au 3ème siècle, l’archipel Nippon (et la Corée) constate une vague de migration d’archers cavaliers provenant de Sibérie qui influence fortement toute la culture guerrière japonaise. Le symbole de la noblesse devient l’arc et le cheval.

En revanche la Chine équipe très tôt l’infanterie d’arbalète et subit des revers conséquents des peuples nomades. Les Chinois reviennent sur leurs décisions et décident de reformer une importante cavalerie en archer et tenter de refaire surface en combattant avec la même stratégie que leurs adversaires. Les Russes et les Polonais vont suivre le mouvement quelques siècles plus tard.

Pour ce qui est de l’Europe de l’Ouest, elle a été culturellement oubliée par la discipline. On retrouve quand même quelques compagnies d’archers montées Français durant la guerre de 100 ans et quelques Anglais mais de façon secondaire sans incidence marquante sur le cours de notre histoire.

Le 17ème siècle, une date importante par l’apparition des armes à feu qui a totalement bousculé le combat à l’arc jusqu’à même voir disparaître définitivement la technique. La constatation est flagrante lors de la « Grande Armée » en 1812 en Russie qui subit sans dommage une attaque 11.000 archers. Le temps des arcs était révolu (tristesse).

WAIT ! Pas de panique, tout n’est pas perdu ! Au Japon les écoles Takeda et Ogasawara préservent l’archerie équestre avec la technique des samouraïs : le Yabusame (technique où on tire des flèches sans pointes, soit sifflantes, soit avec une boule au bout, sur trois cibles de bois). Super badass !

Via Ojapon

La redécouverte du tir à l’arc à cheval !

C’est au 20ème siècle dans l’élite sociale Américaine de la côte Est que l’on va retrouver quelques compagnies d’archers équestres dans les clubs d’équitation.

En Asie et en Europe quelques personnes passionnées d’histoire médiévale veulent redécouvrir les anciennes coutumes, les techniques ainsi que la symbolique du tir à l’arc à cheval.
Mais c’est surtout à la fin du 20ème siècle que la discipline refait surface en Hongrie avec Lajos Kassai qui pendant 20 ans va parcourir plusieurs pays pour retrouver les techniques d’antan afin de permettre de créer un renouveau dans l’archerie équestre et ainsi monter son propre centre international d’archerie montée.

Mais la tradition ne se perd pas non plus en Corée du Sud grâce à une association de maintien des cultures, créée avec le patronage de l’UNESCO : la WHAF (World Horseback Archery Federation). La fondation propose depuis 2004 un championnat du monde en Corée. Le premier championnat en Europe est organisé par l’Allemand Christian Schrade en 2008 à domicile. Ensuite, les autres pays ont suivi !

Le tir à l’arc à cheval aujourd’hui (et pas des moindres !)

Depuis peu (janvier 2014), la discipline est reconnue par la FFE (Fédération Française d’Équitation). Un championnat de France au Parc Fédéral de Lamotte Beuvron est même organisé tous les ans pour populariser le sport ! On compte 640 engagements en concours club en France en 2015.

 

En compétition, la discipline se déroule comme ceci : L’objectif est de tirer dans un temps précis des flèches au galop dans une ou plusieurs cibles en ligne droite ou sur un parcours de chasse vallonné sur une piste encadrée. Il existe une dizaine de types d’épreuves en fonction des pays que je vous détaillerai, si ça vous intéresse, dans un autre article ☺ (dites le nous en commentaires !)

Pour faire découvrir ce sport et devenir le parfait mix Katniss Everdeen-Pénélope Leprévost 2018, plusieurs centres proposent des séances d’initiation au tir à l’arc à cheval. L’initiation est simple, ludique et accessible à tous et surtout il aide à l’aisance, l’assiette et à la coordination motrice du cavalier ! L’âme de ce sport, c’est aussi le voyage et les rencontres culturelles lors des compétitions : un vrai voyage dans le temps.

Maintenant vous n’avez plu qu’à essayer de monter comme Kevin Staut en finissant les Hunger Games (sans tomber) (c’est mieux).