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Appelés aussi « stéréotypies », les tics chez les chevaux sont largement répandus dans le monde équestre. S’ils ne sont pas toujours faciles à appréhender, il existe pourtant des gestes simples pour prévenir le développement de ces troubles.

« Faciles à repérer mais difficiles à traiter » : voilà la devise que l’on pourrait appliquer aux « stéréotypies », ces fameux tics des équidés. Souvent pesantes et sources d’inquiétude pour le cavalier, ces mauvaises habitudes sont généralement causées par un sevrage compliqué, un état de stress, de frustration du cheval, ou lorsque celui-ci s’ennuie et manque de fourrage. Ils s’illustrent par des mouvements répétitifs qui ne comportent pas de but précis.

Ce comportement automatique permet au cheval de compenser le manque de stimulation de son environnement. N’oublions pas qu’à l’état naturel, le cheval ne vit pas dans un box. Il trouve dans la nature, de nombreuses formes de stimuli qu’on ne peut avoir dans un centre équestre. – Mais rassurez-vous, la plupart des chevaux le vit très bien ! – Certains d’entre eux cherchent alors à combler l’ennui ou évacuer la pression avec des mécanismes d’expressions : les tics! Il en existe plusieurs (les stéréotypies orales et les stéréotypies mécaniques) :

  • Tic à l’appui : Il s’agit du trouble le plus connu et répandu. Le cheval se penche prend appui avec ses dents sur un support (généralement la porte de son box ou la mangeoire) pour avaler de l’air. Un bruit semblable à celui d’un hoquet se fait entendre.
  • Tic à l’air :  Cette fois le cheval ne prend pas appui  sur un support pour absorber l’air. Il contracte son encolure.
  • Tic de l’ours : Le cheval balance son encolure d’un côté à un autre devant la porte de son boxe. Son poids se rapporte successivement sur les deux antérieurs.
  • Tic de l’automutilation : L’animal se mord et s’inflige des blessures, notamment sur les flancs ou toute autre partie du corps qu’il peut atteindre. Ce tic survient davantage chez les entiers.
  • Tic déambulatoire:  L’équidé qui tourne sans arrêt dans son box.
  • Tic à l’encensé (ou syndrome de Headshaking) : Le cheval secoue inlassablement la tête de haut en bas.

Une mauvaise habitude loin d’être anodine 

Si certains chevaux s’en sortent bien, d’autres peuvent en revanche contracter des problèmes de santé plus ou mois importants. Il est nécessaire de repérer ces mauvaises manies et de surveiller régulièrement votre monture. Le tic à l’appui abîme par exemple les gencives, et fragilise la dentition de l’animal. Il mène aussi régulièrement à des contractures de la nuque et de l’encolure. Les tics à l’air sont également pointés du doigt pour certains troubles gastriques.

Attention ! Pour autant, empêcher un cheval de tiquer est très mauvais. Si vous le punissez, il ne comprendra pas puisque ces mouvements se révèlent presque instinctifs. En le privant ou l’empêchant de tiquer, vous risquez même d’aggraver le problème en ajoutant du stress et de la frustration. 

Traiter la cause avant les symptômes 

Si certains traitements ou équipements (comme le collier anti-tiqueur) existent, ils se révèlent souvent peu efficaces. Il est donc nécessaire de comprendre l’origine du trouble  pour mettre en place des solutions durables. Des gestes simples peuvent être appliqués pour tenter de limiter les tics. Sachez toutefois qu’il est très difficile de les éradiquer définitivement, surtout si le cheval est un vieil accoutumé des vices.

Pour lutter contre l’ennui, sortez régulièrement votre monture de son box et proposez lui des activités variées et stimulantes. L’objectif n’est pas de se cantonner à une séance en manège, mais bien de diversifier ses sorties en travaillant à pieds, en balade ou encore en lui proposant une sortie au pré ou au paddock. Au box, les jouets sont aussi un bon moyen de diversion.

L’isolement peut également apparaître comme un facteur de stress. Le cheval reste un animal grégaire. Veillez à ce qu’il puisse avoir une interaction régulière avec ses congénères. Si c’est impossible, pensez à l’astuce du miroir.

L’alimentation a enfin un rôle important. Les rations riches en fibres sont recommandées pour les chevaux qui tiquent à l’appui notamment. Lors du sevrage d’un poulain, on veille aussi à minimiser le stress pour limiter l’apparition de stéréotypies.

Et vous, c’est quoi vos astuces?