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Cheval en Demi-pension : quand ça ne se passe pas comme prévu

L’auteur de cet article a tenu à réagir au papier de Margaux, appuyant sur la prise de conscience qu’impliquait de s’investir dans un DP. Voici son expérience :

Salut à toi !

Je tenais à réagir à ton article en te faisant part de mon expérience personnelle en tant que demi-pensionnaire. Je tenais tout particulièrement à souligner l’importance que tu accordes au dialogue entre demi-pensionnaire et propriétaire. Comme tu le dis c’est la clef de voute d’une demi-pension réussie.

Effectivement, avoir une demi-pension sur un cheval ou un poney ce n’est pas uniquement signer un bout de papier, payer son dû et monter Bilou 2-3 fois par semaine. Non. Et beaucoup de demi-pensionnaires, même les plus habitués, n’ont pas conscience du rôle qu’ils ont à jouer dans le bien-être de leur nouveau compagnon de jeu… tout autant que leur peu de pouvoir décisionnaire.

Je m’explique.

Bien souvent le planning de travail ne se déroule pas toujours comme stipulé au départ, mais plutôt selon la forme olympique de Loulou. Avoir une demi-pension, à mon sens, c’est également et surtout partager la responsabilité du cheval avec le propriétaire. Ça signifie être alerte aux petits bobos, aux boiteries, à la perte d’état, de moral… Et en avertir le propriétaire, dans un souci, toujours, de préserver le cheval.

Et alors c’est parti pour les grandes discussions philosophiques ! On passe en revue les grands noms, écuyers en noir ou à chapeau de cowboy. Adeptes de la monte classique, du pied nu, de la bride ou du side-pull… on aime tous refaire le monde et imaginer ce qui rendrait Spirit plus heureux ou plus à même de lever ses foutues pattes. Surtout si c’est autour d’une bonne bière et d’un gâteau au chocolat ! Partager la pension d’un cheval avec quelqu’un avec qui on s’entend bien, c’est merveilleux et j’en ai gagné de belles amitiés.

Et en tant que demi pensionnaire on touche du doigt la réalité de la gestion d’un équidé au quotidien.

Mais qui dit réalité dit déconvenues

Car nos chers poilus ont comme nous, des jours avec et des jours sans. Et même si il a été convenu que les jours de monte étaient le Lundi et le Dimanche, et bien des fois Gros Bichon d’amour n’est pas en grande forme et ne pourra pas enchainer le tour tant attendu à 1.30m; si Bilou d’amour est boiteux, on ne peux pas monter aujourd’hui et on se retrouve à pieds, sans solution de secours.

Dans ce cas, on a beau taper du pied par terre, le propriétaire aura raison de dire non. Tout autant de nous dire de prendre notre selle et nos brosses pour aller voir ailleurs si on y est, si on désobéi à ses consignes. Et j’en ai entendu des histoires de demi-pensionnaires sautant sur des sols gelés, embouchant Patate parce qu’en difficultés, mais sans en avertir le propriétaire; faisant monter des copains au pied levé aussi…

Non messieurs-dames on ne fait pas ce qu’on veut avec le précieux poney de quelqu’un d’autre !

La demi-pension est souvent vue comme un saint Graal quand on sort de club, mais en réalité c’est un tout petit peu plus contraignant que ça. Et encore heureux!

Mais ceci veut dire également que des fois, en tant que demi-pensionnaire, on peut ne pas être d’accord avec le propriétaire quand à sa manière de gérer le travail de son cheval, ses soins et son alimentation.

Ma vie de demi-pensionnaire a débuté en 2009 lorsque j’ai fait la rencontre de ce petit trotteur encore aujourd’hui cher à mon cœur. Je montais jusqu’alors en club et je suis entrée dans ce monde nouveau où on parle rations, sorties au paddock, jours de repos et types de vermifuges.

Depuis j’ai eu la chance de partager la pension de 5 autres chevaux merveilleux qui resteront tous bien au chaud dans mon souvenir. Ces 6 expériences ne se sont pas toutes très bien terminées mais elles ont eu le mérite de m’apprendre beaucoup au contact de propriétaires, tout autant en terme de ce qu’il faut faire, que de ce qu’il ne faut pas faire. Du moins, de ce que je ne ferais pas avec mon propre cheval !

Car nous avons tous nos propres conceptions, à tort ou à raison. Mais se sont les nôtres et lorsqu’il s’agit d’un cheval qui n’est pas le sien, l’avis du propriétaire prévaudra toujours. Tant qu’il ne s’agit pas de cas de maltraitance avérée bien entendu, il reste difficile même lorsque l’entente est très bonne de discuter les théories de chacun.

C’est ainsi que j’ai pu me ronger les sangs pour un cheval boiteux en gale de boue mais toujours sorti au paddock, me décarcasser pour courir les magasins à la recherche d’un sirop contre une toux sans avis vétérinaire, me faire des frayeurs monstres sur un broncho sauvage qui ne voyait jamais autre chose que les barreaux de son box, regarder compatissante les tours à 1.25m du proprio qui ne se déplaçait pour monter que le Dimanche en concours…

Mais ce n’étaient pas mes chevaux…

… et j’avais beau leur souhaiter une meilleure vie, mes intentions pouvaient être les bonnes, selon moi, ce n’étaient pas celles du propriétaire.

Avoir une demi-pension c’est une grande responsabilité qui à mon sens est très formateur pour qui souhaite un jour posséder son propre cheval. Mais il n’en reste pas moins qu’on ne fait pas toujours ce que l’on veut, pour le meilleur, comme pour le pire.

Aujourd’hui j’ai choisi de remonter en club. J’ai de nouveau la chance de m’être trouvé un petit Toto attachant que je monte à chaque fois. Mais maintenant mon rôle est très compartimenté. Toto n’est pas à moi, je le monte, je le poupoune si je veux, mais une fois que je suis partie Toto peut aller sauter des gaules sur 3 pattes que ça ne me regarde pas (je vous rassure j’ai quand même bien choisi mon Club et Toto va très bien).

Mais il n’est pas à moi et il n’est pas de mon ressort de contribuer à son épanouissement. Et un jour, lorsque j’aurais le bonheur de pouvoir assumer le poney de barbie de mes rêves, et bien ce jour-ci je serais responsable de mes choix, mais se seront les miens. Et gare à mon demi-pensionnaire si il oublie de faire les pieds !

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