J’ai testé pour toi : une journée de Dressage avec Rémy Issartel

Quelques serpentines ne font de mal à personne ! J’ai testé pour toi : une journée de stage avec le cavalier Français de Dressage Rémy Issartel. Et les courbatures qui vont avec.

Quand on est propriétaire, qu’on monte souvent seul(e), prendre de mauvaises habitudes est aussi facile que curer le pied d’un cheval de club. Il est toujours important de garder un regard extérieur sur son travail, d’autant plus sur le plat. En CSO, pour simplifier, si le cheval franchit l’obstacle sans faire tomber la barre, sans partir trois mois trot tôt et sans te coller son encolure dans le nez, c’est bon. En dressage… c’est déjà plus compliqué.

Comment s’assurer que son déplacement latéral est bien régulier ? Sentir si le postérieur engage ? Voir si ses mains sont dans la bonne position et son dos bien droit ? À part être devin ou importer 200 kilos de sable dans la galerie des glaces, c’est pas facile.

Là, par exemple, moi je dis « bof ». 

Le Dressage, à la base, c’est pas franchement mon truc. Rock se traîne comme un orvet dès qu’il aperçoit un stick et Mirabelle a toujours été bien trop tendue pour sortir quelque chose de grandiose. Mais, Tivoli, lui c’est autre chose : il aime bien ça et il ne le fait pas trop mal. Quand il se sort les sabots, il a plutôt de jolies allures et présente bien. En avril nous nous sommes lancé un défi : participer à notre premier concours, au Grand Régional de Dressage de Rosières en Amateur 3.

Monter c’est bien, mais faut il encore le faire plein bien. Alors, quand j’ai entendu que le club voisin organisait un stage de Dressage avec un cavalier professionnel, je n’ai pas hésité bien longtemps.

Rémy Issartel, c’est qui ?

Pas le clampin du coin qui sort ses éperons et son chapeau poussiéreux pour grimper à la va-vite tous les Origines Constatées du coin, crois-moi. Débutant l’équitation à 6 ans (ou 7, Wikipédia et la FFE n’arrivent pas à se mettre d’accord), il commence les Grand Prix en 2006 avec son cheval Selle Français Hilton de Clotobie auquel il a tout appris. Il en remporte six seulement pour cette année. Pas dégueu. En 2008 il remporte la Coupe des Nations de Saumur avec le reste de l’équipe de France et est sacré deuxième meilleur cavalier Français également en 2010.

©FFE

Depuis, il a fondé sa propre écurie et se déplace pour donner des cours, au Pôle hippique de Lorraine, entres autres.

Un stage de dressage ça se passe comment ?

Organisé par le Centre équestre de Baudonvilliers (55), un endroit vraiment cool avec des gens très sympas et de la musique dans les écuries. Le stage se déroulait un dimanche. J’ai donc débarqué avec Tivoli, super sage pour son premier trajet en van depuis trois mois. Les séances étaient découpées en deux : environ une heure le matin puis une heure l’après-midi, par groupe de trois cavaliers max. Le rêve quoi.

Equipés de ma nouvelle selle de dressage, bonne affaire (non) du Salon du cheval et de notre sublime tapis rose (parce qu’on est pas là pour enfiler des perles), avec Tivoli, nous sommes arrivés sur la carrière mi-impressionnés, mi-intrigués. J’ai déjà monté avec quelques instructeurs ou cavaliers pros et c’est toujours la même histoire : soit tu te fais caresser dans le sens du poil (et je déteste ça), soit tu te fais rhabiller pour les trois prochaines saisons. Alors ?

Ça commence : ma muserolle est trop relâchée ! Rémy me la resserre de quatre trous (« t’as déjà essayé de courir un 100m avec une paire de baskets en 45 ?»)(!) et me demande pourquoi j’utilise un mors aussi fort. Pour info, je monte avec un mors simple, gros canons, en résine. Dans ma tête (et dans celle de la vendeuse) il s’agissait d’un des mors les plus doux du marché (!) En fait, les aspérités qui se forment peu à peu rendent le mors de plus en plus sévère : autant investir dans un grand classique, en acier ou allu’.

Pas con. Je ne suis pas venue pour rien.

On commence une détente libre, pour qu’il puisse voir comment on travaille. Je commence au pas, assez longtemps, puis je trotte, rênes longues mais tendues pour tenter de trouver un peu de décontraction vers le bas. Au galop, même esprit. Comme je ne sais pas tellement à quelle sauce on va se faire rôtir, je ne touche pas trop, je tente de rester « neutre » en me disant qu’il sera plus précis sur ses attentes ensuite.

Verdict ? Allons donc tous nous rhabiller.

Laisser son cheval aller vers le bas en début de séance, c’est accentuer le fait qu’il reporte tout son poids dans les épaules (pas super, donc). Et puis, je ne suis pas assez présente : mon poney se balade « comme s’il était dans son paddock avec un mec sur son dos ». Nos idées sont vite remises en place. Ça tombe bien je suis venue pour ça.

Rémy nous demande globalement d’oser plus et surtout, de bien faire attention à l’incurvation. Tivoli a toujours très mal tourné — les années de Club n’ayant pas aidé — mais là, il a carrément la tête à l’opposé. Il faut le forcer à garder le pli. Il me demande d’utiliser ma rêne intérieur, naïvement, je l’écarte, dans une rêne d’ouverture du désespoir. Le couperet tombe : « et oh, on tient plus ses rênes comme au poney club ». Je pars m’enterrer plus loin je revient dans 105 ans.

Pour travailler l’incurvation, on réalise des serpentines de trois ou quatre boucles (ça tombe bien, il y en a plein dans ma reprise). Pli à gauche, pli à droite. On revoit des bases simples. C’est surtout bien plus claire et efficace que ce qu’on nous bourre dans le crâne à grand renfort de « rêne contraire qui pousse les épaules de l’engagement du jarret sous l’encolure ». Environ. Pour tourner à gauche, la main la plus important est la main gauche. Pour partir au galop, on recule la jambe extérieure. Pour s’arrêter les mains sont plus importantes que les jambes. Point. L’équitation logique.

Autre apprentissage de la journée :  je monte avec trop de jambes et pas assez de mains. Rare d’entendre ça dans la bouche d’un(e) moniteur(trice) ! Les jambes ne doivent être présentes que pour indiquer quelque chose, le reste du temps on ne s’en sert pas. Et si le cheval débraye : une bonne leçon de jambe s’impose.

Inutile de dire que Tivoli a regretté être monté dans le van ce matin. Je savais qu’il était fainéant (j’apprends encore à la découvrir) mais je n’imaginais pas à quel point. Il est de ces équidés qui font « genre » : « ouai t’as vu je fais, hein, voilà, c’est plié, carotte ». Non Tivoli, tu ne fais rien du tout.

Un exercice à retenir ?

Les transitions galop – pas – galop : parfaites pour vérifier la mise en place des aides, l’écoute du cheval et tout un tas d’autres trucs cool.

En quelques étapes simples (comme le gâteau au yaourt) :

  1. Ralentir le galop jusqu’à un rassemblé correct à plutôt coolos
  2. Faire bien attention à garder le pli à l’intérieur (contrairement au trot, ou il vaudra mieux garder la tête du cheval droite pendant la transition). Pour ça, il faut savoir que cet exercice est plus facile sur les courbes.
  3. Faire quelques foulées de pas (en essayant de faire croire à la personne au milieu que tu n’as fait AUCUNE foulées de trot)
  4. Repartir au galop
  5. Recommencer (pas toujours au même endroit)

« Je commence à voir une cavalière »

On enchaine sur des lignes courbes au galop, cessions à la jambe puis, l’après-midi, des transitions, épaules en dedans et têtes au mur. Tout en revenant sur chaque exercice, bases limpides et intelligentes. J’aime de plus en plus l’approche de Rémy Issartel et être secouée un peu plus tôt ne m’a pas dérangé. Ce genre de personne un peu piquante me va bien. D’autant plus, qu’il est vraiment très sympa (et qu’il a porté mon couvre-rein sur le dos la moitié de l’après-midi, Tivoli monte en standing) !

L’ambiance était vraiment bonne et, une fois que j’ai bien compris ce qu’on attendait de nous, j’ai pu vraiment m’investir à fond. Tivoli a commencé à se donner un peu plus même si globalement je ne suis pas assez exigeante avec lui. Je me suis remise en question sur pas mal de chose, ça fait du bien de temps en temps.

On a terminé par des étirements vers le bas (mais pas trop bas hein) (et toujours avec du contact). Enfin, j’ai pu discuter avec Rémy de ses interventions sur Equidia, pour les JO notamment ! Il est parfois consultant sur les Grand Prix aux côtés de Kamel ou Pascal. Transmission de pensée, Kamel Boudra m’appelait pour le boulot justement !

©Equidia

« Et on attend Amélie, en duplex, qui se prépare à annoncer le Top Départ de la Finale EpiqE Series » (non)  

Je sais qu’il existe une millier de façon de monter, d’apprendre à monter, d’éduquer les chevaux, de se tenir en selle. Ce qui est cool quand on est proprio c’est qu’on est enchainé à personne et qu’il est possible de s’imprégner de plusieurs façons de faire. Est-ce que j’ai envie de garder ce qu’on m’a appris ce jours là ? Définitivement. Est-ce que je vais me programmer un stage avec Rémy plus régulièrement pour progresser ? Affirmatif, mon capitaine.

Arrêt, immobilité, salut.

PS : merci au Centre Équestre de Baudonvilliers pour l’accueil, c’était cool !

 

6 réponses sur “J’ai testé pour toi : une journée de Dressage avec Rémy Issartel”

  1. J’adore votre blog, j’aime beaucoup cet article… Mais pourquoi tant de fautes d’orthographe ??? Ça pique les yeux, j’ai mal ! Vous êtes journaliste, vraiment ? Quel dommage… Un article passionnant, un style sympa…. Pitié, relisez-vous ou faites-vous relire avant de publier !

  2. Je réagit bien longtemps après la publication de cet article mais, comment incurve tu ton cheval sans écarter ta rêne intérieur du coup? Tu fermes plus ta main intérieur ? Merci 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *